Akoholahimena - Le Coq rouge

Temandrota
Semi-sculpture Novembre 2015
Taille : support : 80 x 173 cm Tableau : 61 x 55 cm
Matériaux : bois, peinture, matériaux de récupération (enseigne d’un restaurant).
Etude d’une œuvre montrant l’importance de la tradition malgache
Fanadihadiana hosodoko mampisongadina ny fomba malagasy.

DESCRIPTION ET INTERPRETATION :

L’œuvre est réalisée sur une enseigne récupérée de restaurant en bois reposant sur cinq lattes (61x55cm). En haut, sur le tiers supérieur, on peut lire dans des bandeaux deux inscriptions en malgache, en caractères d’imprimerie faites à la peinture rouge : AKOHOLAHIMENA, Le Coq rouge, et VODIAKOHO, nom d’une tradition malgache du Nouvel an. Un autre bandeau avec des motifs géométriques les sépare. En- dessous est fixé un couvercle de bidon en métal, peint en blanc, à la surface froissée, qui évoque une assiette. Sur ce couvercle, un coq est peint à grands traits noirs, gris, et rouges sur la crête et la circonférence. Les couleurs sont sans nuances, le rouge est très vif, couleur sang . Tout au bas de l’enseigne, on peut lire « ASARAMANITRA », « bonne année ». Chaque élément, enseigne et bandeaux, sont encadrés d’une répétition de points blancs et de touches de claviers de téléphone.

 Pour être pleinement comprise, cette œuvre doit être à la fois traduite et déchiffrée à l’aide de clés qui donnent accès aux codes linguistiques, culturels et artistiques de l’artiste malgache Temandrota. Dans la plupart de ses créations, les touches de clavier signalent en effet l’œuvre comme un message et expriment la volonté de l’artiste de rester connecté avec les autres, avec le monde présent.

La traduction des inscriptions permet d’abord de lire la référence à une tradition, celle du Nouvel an : ASARAMANITRA. Le coq rouge, AKOHOLAHIMENA, et le croupion, VODIAKOHO, y sont directement liés, puisque la coutume veut qu’on donne le croupion du poulet au grand-père pour le repas de fête, car c’est le morceau le plus tendre. Dans ce contexte, la couleur rouge représente à la fois le sacrifice et l’amour de la famille. Temandrota explique qu’il a créé cette œuvre pour rappeler un moment fort, celui de sa réconciliation avec sa famille autour de la tradition du VODIAKOHO. Plus largement, il s’agit pour lui d’exprimer le sentiment d’appartenance à une communauté, à une famille et la joie qu’elle procure.

Cette œuvre d’art contemporaine raconte donc, avec des moyens originaux, une histoire qui transmet des valeurs humaines intemporelles et permet d’ouvrir un dialogue entre les cultures.

 

TEMANDROTA : BIOGRAPHIE

Randriahasandratra Razafimandimby est né en 1978 dans le Sud de Madagascar. Il a choisi de porter le nom d’artiste de Temandrota, car c’est celui de la tribu Tandroy à laquelle il appartient. Son premier geste d’artiste a été celui de l’enfant qui dessine dans le sable avec un bâton. Arrivé à l’âge de treize ans à la capitale, il a été initié par ses amis à la bande dessinée et s’est intéressé aux multimédias. Il a également commencé à peindre et à dessiner avec des feuilles de papier avant de devenir conteur. Puis il a mené de nouveau une vie nomade en traversant l’île, d’hôtel en hôtel, en gagnant le gîte et le couvert grâce à ses performances artistiques. Les techniques de son expression artistique se sont formées dans des conditions précaires, parfois proches de la survie.

 Il vit et travaille actuellement à Antananarivo. Depuis 2005, les expositions de ses oeuvres se multiplient et des résidences d’artistes s’ensuivent notamment dans la zone Océan Indien, l’Afrique du Sud, et jusqu’en Allemagne. Régulièrement, il expose au centre culturel de l’Institut français d’Antananarivo. Deux galeristes suivent son travail, à Madagascar et en Europe. Il a produit 4000 pièces depuis 1996.

 INFLUENCES : LE MUSEE PERSONNEL DE TEMANDROTA

Temandrota se définit comme un artiste plasticien contemporain ancré dans une tradition bien vivante, celle de la tribu Tandroy dont il a pris la responsabilité de porter le nom.

 Il n’appartient pas à un mouvement artistique défini, même si, en tant qu’autodidacte, il s’est nourri d’influences diverses qui constituent son musée personnel : Efiaimbelo, Pollock, Baskia, Cy Townbly, l’art aborigène… Il revendique avant tout la liberté de son geste créateur dans une exécution spontanée qui refuse la technique académique pour lui préférer la transe. Dans ses œuvres entre peinture et sculpture, pas de peinture à l’huile ni de matières nobles, mais des matériaux, des bruits de la nature ou des mots récupérés au hasard des déplacements, aussi bien en ville qu’en brousse. Tous ces fragments de la société actuelle, morceaux de tongues, de plastique, de métal, de pirogues, grillages, flanelles, sable, claviers de téléphone, il les travaille de façon aléatoire, en jouant avec la répétition des formes, volontiers géométriques, comme sur les aloalos. « Je n’écris pas, je ne peins pas, je symbolise. », explique-t-il lorsqu’on l’interroge sur sa démarche de création. Et ce qu’il s’agit de symboliser, c’est la vitalité de la jonction entre le ciel et la terre, le passé et le présent, la tradition et la modernité. Ainsi importe-t-il toujours à Temandrota de restituer oralement et d’une manière sacrée le sens de sa création à sa famille Tandroy restée en brousse.

Ressources pédagogiques

Projet pédagogique des classes de CPA et de CE1B de Majunga

Projet des 3ème de Majunga