Lambe. Lamba

Presque-songes, Saiky-nofy. Jean-Joseph Rabearivelo
Antananarivo, 1934.
Poème bilingue. 5 strophes en vers libres.

Evocation de la beauté du lamba.
Fanehoana ny hakanton’ny lamba.

Ressources pédagogiques

Le poème « Lambe » / « Lamba » est-il un poème engagé ?
Dans quel sens ?

« Tu es le feuillage, tu es le parfum,
tu es la pulpe du vieil arbre
Qu’est ma race, ô lambe.
(…)
Et toutes les beautés inconnues de l’île australe
Que tu animes enroulé sur les épaules des miens,
O lambe que j’ai délaissé
Mais qui m’enveloppera à la fin,
Dans le silence de la terre
D’où jaillira l’élan des herbes. »

Hianao no ravina, hianao no hanitra,
Hianao no nofon’ny hazo tranaini-
N’ny fokoko, ry lamba.
(…)
Ary ny hasoa tsy fantatra rehetra eto amin’ny nosy atsimo
Izay velominao raha misampina eny an-tsoroky ny havako hianao,
Ry lamba efa navelako,
Nefa hamono ahy amin’ny farany
Ao anaty fanginan’ny tany
Hifantsitsiran’ny ezakan’ny ahitra.

Qu’est-ce que le lamba ?
Le Lambe est une étoffe que l’on porte à Madagascar.
Il renvoie à la tradition, à la culture et par extension à la terre malgache. Le « lamba » renvoie à la Grande Ile.

Comment est-il porté ? De différentes façons ? Pour les cérémonies ? A différents âges de la vie ? Cette étoffe est très importante pour les défunts. On change le lamba du défunt pour la paix de son esprit.

S’interroger sur le choix du poète :
En choisissant cet objet, le poète veut mettre en avant la culture de son pays. J.J.R. rédige son poème durant la colonisation. C’est donc une manière à lui de s’engager. Il défend la culture malgache.

Premiers éléments d’analyse :
1ère strophe : il apostrophe le « lambe » : « tu es … » ; l’étoffe est ainsi personnifiée. Il devient un objet hybride : « feuillage » ; « parfum » ; « pulpe » qui sont trois dons de la nature ; c’est comme si le « lamba » naissait de l’arbre, de la fleur, et du fruit. Il nait sur le sol natal. Il suggère un arbre imaginaire qui donne ses fruits.

L’arbre est une métaphore pour la « race ». Ce mot à l’époque regroupe : culture, traditions, rituels… Ce mot n’a pas, à l’époque, le sens et la connotation qu’il a aujourd’hui.

Le poète en utilisant le mot « race » veut réaffirmer son identité malgache. Il utilise aussi le mot « hova » pour affirmer une identité nette de ses origines. Il écrit ailleurs : « Rester seulement, uniquement et purement Malgache, Hova ».

Le recours aux deux langues est en soi une affirmation de son identité. Son engagement passe par ce recours à deux langues ; il cherche à rester malgache même dans la langue française.

Qu’est-ce qu’un poème engagé en général ?
Le poète met son art au service d’une cause dans un contexte historique précis. La poésie invite le lecteur à l’action ou à une réflexion. La poésie engagée est ancrée dans l’Histoire. Le poète exhorte et cherche à persuader ; il délivre souvent un message d’espoir. Il veut témoigner et mettre en garde contre l’oubli.

Poème intégral disponible et libre de droit sur www.bibliothequemalgache.com

Photo du cartel : Jean-Joseph Rabearivelo (1901- 1937)
Photo reproduite avec l’aimable autorisation du petit fils du poète, Brice R.
Illustration ci-dessous : dessin réalisé par Maria A. élève de 3ème B, collège René Cassin, Fianarantsoa.

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Documents réalisés par les élèves de 3ème B (2013), René Cassin, Fianarantsoa.

Pour contacter l’auteur de cet article : charles-edouard.saint-guilhem@rcassin-fianarantsoa.com